ACTION ET NON RÉACTION !

Le confinement à peine terminé que l'actualité nous rattrape. On peut, tout en continuant de dénoncer, réfléchir à ce que individuellement nous pouvons faire pour changer les choses.

Je suis femme, je suis noire, je suis née en Afrique, je suis française, mon mari est blanc, mon fils est noir, ma fille est métisse, mes ami(e)s viennent de partout…

L’actualité actuelle me pousse à réagir. Pas pour dénoncer parce qu’on doit le faire au quotidien, mais pour parler à ceux et celles, qui comme moi se sentent concernés quand on parle de « minorités ».

Je commence par cette citation de Léon TOLSTOÏ, “Chacun rêve de changer l’humanité, mais personne ne pense à se changer lui-même.”

Nous avons tous cru que la COVID 19 allait changer « en bien » la face du monde.

Mais alors que, le monde est entrain de se relever et de sortir peu à peu de sa torpeur, une actualité est venue nous rappeler que les choses n’ont pas tant changé que ça.

Je ne nie pas qu’il y ait des prises de conscience, de responsabilité individuelle…mais le énième meurtre causé par l’incapacité d’un être humain à considérer l’humanité d’un autre comme son semblable, du fait de sa couleur de peau me fait dire que le chemin est encore long.

Je cite Jamel BALHI, 1er homme à faire le tour du monde en courant : « un étranger est un ami qu’on n’a pas encore rencontré »

L’autre est la part de nous même. Et très souvent, la projection de ce que me réponds l’autre est l’histoire de ma vie.

LA FORCE DE LA MÉMOIRE COLLECTIVE

Nous sommes des êtres très complexes et ne pouvons juste nous intéresser aux comportements d’un individu.

Avant un comportement, il y a une émotion ou un sentiment mais avant d’arriver au stade de l’émotion, il y a une pensée. L’index de computation nous apprends qu’il y a d’abord un processus interne, puis un état interne avant que cela soit visible par un comportement externe.

Il y a eu pendant des siècles, une culture, des modes de pensées véhiculés par les médias, par des artistes, par des intellectuels. Une sorte de propagande qui a décidé et décrété que « la race noire est inférieure ».

Ensuite, « ce décret » est devenu une croyance et cette croyance quoique combattu à coup de sang versé, de mobilisations, de manifestations, de débats…, est toujours ancrée au plus profond de chacun comme un héritage collectif. Je m’inclus dedans et je vais vous expliquer pourquoi.

NOTRE RESPONSABILITÉ

J’ai compris que je suis noire quand j’ai commencé ma vie professionnelle. Mais surtout, j’ai découvert ce que veut dire « être noire » quand on aspire à un emploi digne de nos connaissances.

Grâce à la lecture, j’ai eu très jeune accès à la découverte de la culture africaine et occidentale. J’ai également développé une grande sensibilité sur les sujets touchant à la place de la femme dans nos sociétés (mesdames, quelque soit votre origine ou couleur de peau, nous avons les mêmes combats). Mais j’étais loin, à mon arrivée en France à 21 ans, d’imaginer qu’être noire était aussi un combat.

Il y a quelque chose, qui pour moi, je pense a fait la différence. L’éducation de mes parents. Mes parents m’ont tellement répété que j’étais la meilleure et même si je me trouvais moyenne en tout, je savais au fond de moi que je mérite le meilleur.

Nous n’avons aucun pouvoir sur la projection des autres sur nous, mais nous avons la responsabilité de notre réaction.

Je vous donne un exemple concret pour l’illustrer. J’ai reçu une éducation où, regarder un adulte, une autorité, un responsable…dans les yeux est un manque de respect. J’arrive en France et on m’accuse de fuir les regards, ce qui veut dire personne pas nette.

Cela a été difficile pour moi de vivre les entretiens avec ce combat interne. « Fixe la personne, non surtout pas… « . Il va sans dire que ce monologue interne à saboté tous mes entretiens.

Tout a changé quand j’ai décidé d’expliquer lors de chaque entretien d’embauche, pourquoi je pourrai être amené à ne pas regarder mon interlocuteur en face. Quel soulagement, et sans m’en rendre compte, je venais d’accepter que les deux fonctionnements étaient ok.

Je ne trahissais aucune de ces valeurs, je devais juste m’adapter en fonction du contexte.

Que mon interlocuteur soit ok ou pas, j’ai repris confiance en moi et je me suis juste focalisée sur l’entretien.

Ma responsabilité ici, a été de choisir ma posture et aider l’autre à déconstruire ses a-priori et autres schémas conscients ou inconscients vis à vis de moi.

QUE FAIS-TU DE TON HISTOIRE COLLECTIVE ?

Il y a en moi un scan interne et inconscient qui va s’activer devant certaines personnes ou face à certaines situations.

Mon cerveau qui n’a qu’une envie, me protéger de l’échec, du jugement, du rejet et m’éviter la souffrance, va naturellement rechercher dans les propos de l’autre ou dans la situation un problème de racisme, d’exclusion. Et très souvent cela est vrai et réel.

Pourquoi ? Parce qu’il y a la trace d’une histoire dans mon ADN. Mais aussi parce que j’aurai vécu certaines expériences qui sont inscrites au fond de ma mémoire. Et qui vont s’activer quand je vais me trouver en présence de certaines catégories de personnes, dans certains secteurs d’activité ou dans certains endroits.

Mon cerveau va alors faire le lien et me signifier qu’il y a un danger. Je reçois alors un afflux de pensées qui vont soit, me mettre en colère, soit me rendre triste. Soit me faire perdre toute confiance en moi. Me déstabiliser, me faire prendre la posture défensive ou me faire me positionner en victime.

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES SI JE NE FAIS RIEN !

Je ne peux pas transformer une société, ni effacer des années de propagande. Mais je peux à mon niveau, changer le regard que l’autre porte sur moi.

  • Si je ne fais rien, je vais vivre au gré de ce que pensent ou disent les autres de moi.
  • Je vais m’auto-saboter dans certaines situations (évolution professionnelle, recrutement, augmentation de salaire, aller au bout d’un projet…)
  • Je vais me disqualifier parce qu’il y a cette pensée qui me dit que je ne le mérite pas.
  • Un phénomène extérieur, même banal, peur raviver une croyance enfouie en moi.
  • Je serais éternellement victime et non une force de proposition.
  • Je ne ferai pas bouger les lignes

QUE FAIRE ?

  • Ne nie surtout pas les faits et affronte la réalité. Oui le racisme est bien réel.
  • Travaille sur tes blessures internes.
  • Choisi consciemment de travailler sur tes peurs et tes colères.
  • Réapproprie ton histoire, connais tes forces et ton unicité.
  • Tu connais ton schéma de pensées, alors prépare toi quand tu as un rendez-vous.
  • Anticipe pour ne pas subir et te retrouver dans la posture défensive ou de victime.
  • Prend du recul sur ses émotions en les transformant en action positive.
  • Sois capable de faire la différence entre tes capacités et ton identité.
  • Privilégie l’Action à la Réaction.

ET POUR CONCLURE…

Je vous laisse méditer cette citation de Nelson MANDELA :

« Les idéaux que nous portons dans notre cœur, nos rêves les plus chers et nos fervents espoirs ne se réaliseront peut-être pas de notre vivant. Mais là n’est pas la question. Le fait de savoir que durant ta vie tu as fait ton devoir, que tu as été à la hauteur des attentes de tes camarades est en soi une expérience gratifiante et une réussite superbe »

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J’ai choisi 3 piliers pour vous permettre de mesurer votre confiance en vous, de faire un point sur vos valeurs et de découvrir les besoins cachés derrière vos émotions. Incarnez qui vous êtes et contribuez au monde en étant à la bonne place.

Chaziliyou
Chaziliyou

Alignement et Impact, deux mots pour résumer mon travail auprès de ceux et celles qui veulent remettre du sens dans leur vie privée et/ou professionnelle !

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