Rachel Miquel Dufour

Rachel Miquel Dufour a plusieurs casquettes. Son expertise porte sur la sexualité. J'ai eu l'immense privilège de l'interviewer et d'échanger avec elle sur tellement de sujets encore tabous de nos jours...

Pasteure, Thérapeute, Auteure et Conférencière…

Bonjour,

J’ai voulu cet interview pour parler de vocation mais surtout de certains sujets encore tabous aujourd’hui dans certains de nos milieux socio-culturels.

Rachel Miquel Dufour est une figure dans le milieu chrétien et est spécialisée en sexualité et exerce également avec son mari, en thérapie de couple.

Il faut dire que son expertise m’a enthousiasmé. Parce qu’elle est est pour moi, et je l’espère pour beaucoup d’autres aussi, un modèle de ce que nous pouvons apporter aux autres à travers notre spécialité professionnelle.

C’est donc naturellement que j’ai voulu la rencontrer pour qu’elle partage son cheminement.

Je te laisse découvrir notre conversation et j’espère qu’elle sera une source d’inspiration pour toi.

Nous y avons abordé des thématiques sur la sexualité, la gestion du temps, la vocation, le burn-out, l’argent…

Bonjour Rachel, je te laisse te présenter

Je suis ravie d’être là, avec toi et avec vous. Donc, Rachel, Miquel Dufour effectivement, je suis l’épouse d’Éric Dufour.

On travaille ensemble tous les deux, nous sommes pasteurs, thérapeutes, missionnaires.

Nous avons la joie d’avoir cinq garçons, cinq fils, dont trois sont mariés, donc cinq fils et trois belles filles aujourd’hui. Cela fait 28 ans que nous sommes mariés et autant dans le service.

On a commencé par servir Dieu avec le côté social en même temps que le côté pastoral.

Éric travaillait dans un centre d’accueil pour anciens toxicomanes. Et puis, je travaillais avec des femmes dans des situations de détresse et en même temps, nous étions en formation pastorale.

On a implanté une église en Alsace et dans notre ministère a démarré avec plusieurs aspects liés aussi au ministère pastoral.

Et puis ensuite, on est passé à plein temps parce que dans le cas de la formation, il fallait qu’on prenne une église à plein temps.

Donc, j’ai servi aux côtés d’Éric en tant que femme de pasteur. C’est là qu’on a eu nos enfants. Et puis ensuite, nous sommes partis servir Dieu en mission. Donc, neuf ans en France avant de partir en mission. Nous étions pendant huit ans en Asie et là, il s’est passé différentes choses dans notre vie personnelle.

Éric est tombé malade, dépression, cancer… Et puis des choses pas faciles à vivre sur le champ missionnaire. On était très seul.

En fait, on n’a pas trouvé beaucoup d’aide quand on a eu besoin. Et de là est née une partie de notre appel pour faire de la thérapie.

On a eu besoin de se former. Être pasteur ne suffisait pas. Je fais une histoire très courte d’une longue vie.

On est parti se former aux États-Unis parce qu’à l’époque, c’était là que le Seigneur nous a conduits pour être formés.

Cela fait 11 ans que l’on sert Dieu avec le côté thérapeutique auprès de pasteurs missionnaires principalement dans notre ministère et dans le cadre de ce travail plus thérapeutique, dans le soin que nous pouvons apporter aux pasteurs et missionnaires.

Et bien, j’ai eu à gérer beaucoup de problèmes liés à la sexualité. Classiquement, avec les femmes, et donc j’ai choisi de me former parce qu’encore une fois, il faut se former pour savoir ce que l’on fait et être efficace pour bien comprendre tous les mécanismes derrière les problématiques.

Je me suis formée parce que le besoin était là et je me voyais en train de répéter souvent les mêmes choses, en train d’aborder souvent les mêmes problèmes. Je voulais les comprendre vraiment. D’où la formation pour pouvoir ensuite être efficace quand j’allais apporter de l’aide à des femmes dans ce domaine-là.

Donc, si j’ai bien compris votre vocation est née suite à votre travail auprès des femmes et des besoins relevés ?

La spécialisation répondait à un besoin. C’est exactement ça.

En fait, on se trompe souvent, je crois. En disant ah, j’ai un appel on a l’impression que l’on marche vers une ligne droite.

L’appel, c’est comme un fil conducteur, un fil rouge dans notre vie, avec des petits morceaux par ci, des petits morceaux, par là.

Ça se construit petit à petit. L’appel, c’est souvent un mot qui est mal utilisé, en fait.

Moi, je résumerai avec quelque chose qui me fait vibrer, quelque chose qui nous fait vivre, qui nous donne l’impression d’être en vie.

Pourquoi est-ce que Dieu nous a créé ? Qu’est ce qui était la logique derrière comment Dieu nous a fabriqué ?

En fait, c’est ce qui nous fait vibrer à l’intérieur et donc petit à petit, autour d’une vie.

Des morceaux du puzzle se mettent ensemble. On apprend, on découvre, on passe dans un sens. Et puis on part dans l’autre. Et ce n’est pas forcément une ligne droite. C’est plutôt des petits morceaux qui se mettent ensemble, qui font que ça constitue l’appel d’une vie. Mais ce n’est pas un objectif, un but vers lequel on marche.

L’appel, c’est la marche, donc le fil conducteur dans la marche

Est-ce qu’on le ressent quand on est dans l’exercice de ce pourquoi, nous sommes appelés ?

Il y a un sentiment que, Oui, je suis à ma place. Ce n’est pas forcément des retours positifs ou dans le fait qu’il n’y ait pas de conflit ou pas d’opposition, Parce que même au milieu de la tempête, on peut être au cœur de son appel.

C’est plutôt un sentiment de, Ben oui, je sais, je suis à ma place. Je trouve beaucoup de bonheur dans mon quotidien, etc. Mais encore une fois, ce n’est pas forcément à l’applaudimètre ni au niveau d’épreuves ou pas.

En fait, il y a des saisons où on peut être dans les difficultés, dans la tempête. Ça ne veut pas dire qu’on n’est pas dans le cœur de son appel. Le cœur de son appel n’est pas toujours marqué par un sentiment de paix. Mais moi, je dirai un sentiment de je suis à ma place, même si notre ministère n’est pas que lié à l’estrade dans l’église.

C’est une phrase que Éric dit souvent : l’église, c’est le centre d’entraînement. Ce n’est pas là où les matchs se jouent.

Donc, bien sûr que quelqu’un qui vit un appel, c’est à dire ce qui la fait vibrer dans son travail, dans son quotidien, à l’extérieur, c’est un ministère.

 Encore une fois, voilà une mauvaise conception du terme. Le ministère ne se vit pas que sur l’estrade, mais là où Dieu nous place.

Dans les églises aux Etats-Unis. Il y a souvent sur l’arrière du panneau qui annonce le nom d’Église. Il y a cette phrase qui dit Vous rentrez maintenant dans votre champ missionnaire. Donc, quand on quitte le parking de l’église, il y a cette petite phrase qui nous rappelle que c’est là que notre ministère s’exerce.

L’Église, c’est un centre d’entraînement. Si les joueuses de l’équipe de foot rester toute leur vie au centre d’entraînement, elle passera à côté des matches et des victoires. En tant que chrétiennes, nous sommes encore mieux placées pour apporter du soin à l’âme du soin au centre d’émotions de la personne, puisqu’en fait, Dieu nous a créé âme, corps et esprit.

Et quand on a en plus le Saint-Esprit qui nous conduit, on est encore mieux équipé pour pouvoir apporter du soin. Ça n’empêche pas de se former, bien sûr, pour comprendre tous les dessous des différentes problématiques.

Donc, la thérapie, la psychologie marche main dans la main avec le travail du Saint-Esprit.

Se former est indispensable !

Absolument. On ne peut pas jouer au thérapeute. On peut faire des dégâts. Si on ne sait pas ce que l’on fait, ce que l’on dit et il n’y a pas une réponse bateau pour un problème, ou tous les problèmes.

Effectivement, il faut être formé pour pouvoir comprendre encore une fois, les mécanismes des problématiques et puis savoir y répondre.

Et avoir le Saint-Esprit n’exclu pas de la formation.

Dieu nous a donné un cerveau et des capacités à apprendre. Il faut toujours être en formation qui que l’on soit.

Éric et moi, sommes toujours en train d’apprendre. On est en train de travailler tous les deux sur notre doctorat.

On a toujours un nouveau domaine dans lequel on découvre, on apprend. On est en formation continue. Absolument impératif de se former, surtout quand on est chrétien. La foi n’exclut pas l’intelligence.

Les deux vont de pair. Dieu nous a donné un cerveau, il faut s’en servir.

Que pensez-vous du mentorat ?

C’est un modèle très biblique d’avoir un mentor et un mentoré.

L’exemple même de Paul et Timothée, dans la Bible. C’est très biblique d’avoir quelqu’un qui nous aide à rester sur la bonne voie, de continuer de grandir, etc. Et d’avoir quelqu’un d’autre que l’on guide aussi. C’est très biblique comme modèle. Regardez comment les apôtres et les disciples fonctionnaient par paires.

Comment votre spécialité a été accueillie dans les communautés chrétiennes ?

Parler de la sexualité dans les milieux chrétiens a été longtemps tabou, donc évidemment, il y a eu quelques résistances et des gens qui n’ont pas du tout aimé ce que l’on faisait.

Mais disons, qu’il y avait un tel besoin. Les mécontents étaient là, c’est vrai. Mais ça ne suffit pas à nous arrêter, il y a tellement d’autres personnes qui sont bénies, qui ont la vie, qui voient leur vie changer par ce que l’on peut apporter, les domaines que l’on peut aborder. Ça ne nous empêche pas d’avancer.

Donc, en fait, on ne s’arrête pas aux grincheux. S’ils écoutaient nos enseignements, les grincheux, ils iraient mieux d’ailleurs.

C’est Dieu qui a créé la sexualité. Donc, bien sûr qu’on trouve des réponses en thérapie sur la sexualité avec une approche chrétienne.

D’ailleurs, je trouve très intéressant que des non-chrétiens soient intéressés par l’approche pasteur sexologue puisque la sexualité est spirituelle d’abord, puis émotionnelle, puis après physique.

Donc, quand on a des problèmes au niveau de sa sexualité, qu’elle soit poussée à l’extrême, ou qu’elle soit complètement verrouillée, En fait, on peut guérir grâce à la sexualité au niveau spirituel, même quand on ne connaît pas Dieu.

Donc même cette approche-là est de Dieu. Et ce travail sur la sexualité, l’approche biblique de la sexualité, comment Dieu voit la sexualité ? fait du bien aux chrétiens et non chrétiens.

Je me suis déjà vu partager le plan du salut etc. avec des gens qui ne sont pas du tout dans un schéma chrétien et qui abordent la sexualité de façon très, très différente de la nôtre. Mais en démarrant de ce sujet-là, on a pu parler du salut.

Donc oui, absolument, on peut en tant que chrétien, avoir besoin d’être aidé.

Il y a malheureusement, des problématiques au niveau de la sexualité qui sont liées à des abus et des souffrances, à des mauvaises compréhensions des choses que l’on a subies ou que l’on a choisi. Mais rester seul, bloqué, et enfermé dans sa souffrance parce qu’on est chrétien, c’est dommage.

C’est passé à côté d’un vrai cadeau que Dieu nous a donné, la sexualité. Nous sommes tous des êtres sexués, que nous soyons mariés ou pas. Donc, il faut qu’on sache quoi en faire.

C’est Dieu qui nous a créés en tant qu’êtres sexuels. Il ne faut pas se tromper d’auteur. C’est lui, l’auteur de la sexualité.

Voilà encore une phrase d’Éric, l’Eglise devrait être l’endroit où on parle le mieux de sexualité.

Le mieux pour répondre aux questions des jeunes !

Si on n’y répond pas, ils iront chercher leur réponse ailleurs.  Donc quelle réponse on veut qu’ils aient ces jeunes ?

Une approche biblique qui est libératrice par rapport à notre sexualité ou qu’ils se débrouillent tout seul ?

 Et puis, on ne sait pas sur quoi ils vont tomber. D’ailleurs, ils vont tomber sur quelque chose.

Vous avez-vous-même écrit un livre très passionnant sur la sexualité. Quelle est votre motivation derrière cet ouvrage ?

Les problématiques que je rencontrais et que j’aborde avec les femmes se répétaient.

Et j’ai vraiment senti, à un moment donné, que le Seigneur me disait « écris le livre que tu n’as pas trouvé pour répondre, pour mettre entre les mains des femmes que tu aides ». Je voulais un livre qui parle aux femmes mariées et non mariées.

Je voulais un livre qui explique les fondements de la sexualité, qui en parle sans tabou, comme tu viens de dire et je n’ai pas trouvé le livre qui corresponde exactement à ce que je recherchais.

D’ailleurs, il y a plein de très bons livres, mais je ne trouvais pas le livre qui rassemblait les réponses dont j’avais besoin pour ces femmes. Et j’ai vraiment senti que le Seigneur me dit de l’écrire.

Je ne suis pas une écrivaine dans l’âme, ce n’est pas du tout quelque chose qui me fait vibrer que d’écrire. J’ai un peu traîné la patte, mais un jour, Dieu m’a clairement dit C’est maintenant, il faut que tu l’écrives donc Éric m’a arrangé cinq jours de solitude dans la montagne et j’ai pu terminer le livre.

Je l’ai créé à partir de problématiques que je traite, disons que je voulais arriver avec les réponses que je voulais pouvoir mettre entre les mains des femmes et des hommes. Et je suis agréablement surprise de voir que les hommes le lisent aussi, bien sûr, mais tous nos fils l’ont lu,

J’écris pour les femmes, mais la sexualité concerne les hommes aussi. Bien sûr, qu’ils soient mariés ou pas, ça leur donne un éclairage, une compréhension de la sexualité selon le cœur de Dieu et aussi de comment les femmes fonctionnent.

Donc, voilà pourquoi.

En tout cas, je vous encourage à vous le procurer. On peut le trouver sur Internet. Je l’ai moi-même acheté sur le site de la FNAC, mais ça se trouve facilement et c’est vraiment très passionnant.

Le titre c’est « Hourra POUR LE VA-JAY-JAY » et juste pour faire un petit commentaire sur le titre, ça veut dire, Vagin en fait.

C’est un petit mot qui existe en anglais pour parler de vagin. Je voulais un petit mot pour parler de célébration de la féminité en utilisant le mot vagin, mais sans dire vagin. Voilà. Vive la féminité et la sexualité au féminin.

Effectivement, il est sur Amazone, à la FNAC, dans les librairies chrétiennes, il est facile à trouver.

Merci beaucoup Rachel. Avez-vous un conseil à donner à une femme qui aurait des problèmes liés à sa sexualité et qui pense que sa foi l’empêche de consulter ?

Rachel Miquel Dufour

Je l’encouragerai à ne surtout pas rester bloqué. Si c’est une femme célibataire, je l’aborderai d’une façon différente, mais elle a besoin de régler les difficultés dans sa sexualité.

Qu’elle soit chrétienne ou pas, qu’elle soit mariée ou pas, parce que c’est une partie de sa féminité.

Et sa foi ne l’empêche pas, au contraire, d’être soignée,

Au contraire être réconcilié avec sa sexualité, qu’elle soit mariée ou célibataire, va lui permettre de bien vivre sa féminité et d’être complètement femme. Il n’y a pas de problème qui ne puisse pas trouver une solution.

Absolument qu’il faut consulter si on a la moindre difficulté. Je vais même jusqu’à dire que si une jeune fille qui démarre, une petite fille qui devient jeune fille, qui démarre les menstruations avec des règles douloureuses, il faut l’emmener consulter un naturopathe ou un gynécologue pour pouvoir soulager les douleurs. Pour que la féminité soit bien vécue dès le démarrage.

Donc, quelle que soit la problématique, même si ce sont simplement des règles douloureuses, il faut consulter pour pouvoir être aidée, pour pouvoir vivre sa féminité au mieux possible. C’est un cadeau que Dieu nous a donné. Ça serait trop dommage de passer à côté.

J’ai une question pour vous. Vous avez cinq enfants, cinq fils, cinq garçons.Vous êtes auteure, conférencière, thérapeute…comment faites-vous pour concilier vie familiale, vie de couple, vie professionnelle, vie sociale… Est-ce qu’il reste du temps pour vous ?

Oui et oui, Dieu a créé des journées de 24 heures. Ce n’est pas trop court, Sinon, on se serait tous fait rouler dans la farine.

En fait, il y a un ordre que Dieu a donné pour pouvoir organiser notre temps. Ce qu’on appelle les priorités de Dieu. Le premier vient de ma relation avec Dieu et c’est, ce que je place, c’est ce que nous plaçons avant. Nous vous conseillons de le placer en premier dans votre emploi du temps.

A quoi ressemble la relation avec Dieu ? C’est vrai qu’en fonction des saisons. Elle est différente.

Aujourd’hui, nos enfants sont grands. Notre dernier va sur 20-21 ans. L’aîné va avoir 27 ans, il a 20 ans et demi le plus jeune. L’aîné, va avoir 27 ans dans quelques semaines. Donc ils sont grands.

Mais quand ils étaient petits, il est évident que mon temps personnel avec Dieu n’avait pas la même allure qu’aujourd’hui quand ils étaient tous petits. Je prenais du temps avec Dieu, quand je plie le linge, quand j’allais emmener les enfants à l’école. Quand j’étais en voiture pour faire les courses tout au long de la journée, en fait.

Aujourd’hui, j’ai plus de temps pour me poser et prendre du temps avec ça, en fonction des saisons de la vie. Cette priorité qui, (le temps avec Dieu), prend des couleurs différentes,

Mais c’est ce qu’on met d’abord en premier dans la façon avec laquelle on gère son temps.

Ensuite, prendre soin de soi-même et de son couple. de soi même quand on est célibataire et marié(e), de son couple.

On prend beaucoup l’avion avec Éric, et dans un avion, on vous dit « si jamais vous avez besoin de vous servir du masque à oxygène, vous le mettez d’abord sur vous et après sur l’enfant, qui vous accompagne ».

Donc, oui, prendre soin de soi, c’est important. Ça ressemble à quoi ?

Ça dépend, moi, je me repose, je prends soin de moi, donc je n’ai pas beaucoup, beaucoup, beaucoup de besoins à ce niveau-là.

Je vais regarder une série, lire un livre, me promener, me faire les ongles. J’aime bien ça le côté, prendre soin de moi, bien sûr, après le temps avec Éric va être important.

Si vous avez entendu notre enseignement, on prend soin de passer du temps tous les deux pour un rendez-vous en amoureux. Une « date » au minimum une fois par semaine.

Cela fait 28 ans qu’on est marié et on peut compter sur les deux mains, les semaines où on n’a pas pris ce temps-là. Soit, parce qu’on avait le mariage d’un de nos enfants ou d’un commun accord parce qu’on avait tous les enfants à la maison.

Maintenant qu’ils ne sont plus chez nous, on a un temps pour nous deux toutes les semaines. On prend du temps tous les jours, l’un avec l’autre. On met ça ensuite dans le calendrier, puis après le reste, le travail, le ministère, les amis, la famille, étendue.

Et c’est vrai qu’on travaille beaucoup. On a des journées longues, entre 8 à 10 heures par jour. Mais moi, j’aime ce que je fais. C’est ce dont je parlais au début, de la paix. C’est passionnant.

C’est vrai qu’il y a beaucoup de travail, mais ça reste dans le cadre des priorités de Dieu.

Donc en premier ma relation avec Dieu. Puis on prend soin de soi, on prend soin de son couple.

Bien sûr j’ai, j’ai sauté par-dessus les enfants parce qu’ils sont adultes maintenant.

Mais quand les enfants sont petits, il faut du temps pour eux toutes les semaines, prendre du temps avec eux, etc. Tant qu’ils sont sous notre responsabilité.

Et puis ensuite vient le travail, le ministère, la famille étendue et amis.

Et quand on respecte cet ordre-là, que Dieu a établi, incroyablement, ça marche. Parce que Dieu a construit la journée avec le bon nombre d’heure.

Le temps de sommeil pour moi, c’est entre 6 et 8 heures, c’est le nombre d’heures normales. Si je peux avoir 8 heures, je suis super contente et il reste quand même du temps pour tout ça dans la journée.

Puis, il faut bien se souvenir aussi qu’on n’aura jamais tout fini. Moi, j’ai des listes de choses à faire. Petit à petit, se font. Je mets des petits tcheks, mais jamais j’aurais tout fini dans la journée. Demain, je continue. Et puis après demain, je continue. Et ainsi de suite tant que Dieu nous prête vie.

Voilà donc quand on respecte les priorités de Dieu, ça permet de ne pas avoir l’impression de courir après le temps et de prendre soin de toutes ces choses qui sont importantes. Il restera assez de temps après pour le ministère.

Surtout qu’aujourd’hui, on parle beaucoup de Burn-out, de la charge mentale

Le Burn-out, c’est une maladie très à la mode. Donc, je dirai Burn-out ou Bored-out (l’ennui) d’ailleurs.

Ceux qui en font trop et ceux qui s’ennuient. Mais, quand on tombe dans un Burn-out, c’est peut-être qu’on est sortie du chemin que Dieu nous avait prévu préparée et qu’on n’en fait plus que ce que Dieu nous demande.

Si on reste dans ce que Dieu nous demande, n’y a pas forcément de raison de tomber dans le « J’en fait trop » ou pas assez d’ailleurs, les 2 sont vrais de nos jours.

Donc, c’est un défi. C’est un défi réel et quotidien. C’est vrai pour tout le monde, même pour nous. Si on ne fait pas attention, on l’enseigne mais si on ne fait pas attention, on risque d’en faire trop ou pas assez.

On a moins de risques de pas en faire assez, mais d’en faire trop par rapport à ce que Dieu nous demande. Il faut faire attention à rester dans ce que Dieu nous demande.

On n’est pas les sauveurs du monde. On peut faire ce que Dieu nous demande de faire. Et quand on reste bien dans le cadre qu’Il nous a fixé, on est moins en danger de tomber en burn-out.

Et pour terminer, j’aimerais vous parler de l’argent. Un autre sujet tabou. Peut-on se sentir légitime quand on valorise son expertise auprès de sa communauté ?

Voilà une notion qui a été abusée dans les milieux chrétiens. Tu as reçu gratuitement, tu dois donner gratuitement.

On parle de salut ici. Et d’abord, le salut n’est pas sans coût. Il nous est proposé gratuitement sans que nous ayons besoin de payer parce que quelqu’un a payé à la place. Jésus a tout payé. C’est le cadeau le plus cher au monde qui existe.

Donc, « tu as reçu gratuitement donne gratuitement », on parle de salut ici. Et le Salut, encore une fois, n’est pas gratuit. Il a coûté le prix le plus cher de l’humanité, donc il ne faut pas oublier ça. Ensuite, la gratuité, ce n’est jamais une bonne idée, en fait.

Parce que quand quelqu’un n’investit pas financièrement, même si c’est une petite somme, il n’y a pas cette notion de la valeur. Les gens, quand ils ont quelque chose de gratuit, pensent que ça n’a pas de valeur.

Mais il y a un mélange dans cette notion de gratuité qui est une fausse bonne amie, en fait.

Donc, bien sûr, quand on est chrétien et qu’on a une expertise, il n’y a aucun problème à ce que son travail soit rémunéré.

Tout travail mérite salaire. C’est une notion biblique et encore une fois, la gratuité, on en est revenu, est une mauvaise conseillère parce que les gens ne s’investissent pas à la hauteur de ce que ce qui est requis pour qu’ils aillent mieux.

Il y a une notion de ce n’est pas important puisque je n’ai pas payé pour de toute façon.

D’ailleurs, quand on reçoit quelque chose gratuitement, quelqu’un a payé pour. Ce n’est pas qu’il n’y a rien. Il n’y a rien de gratuit qui existe.

Rien qui n’a pas eu un coût. Si quelqu’un nous fait un cadeau, nous donne quelque chose et bien quelqu’un d’autre a payé pour. S’est investi, a fabriqué, a conçu, etc.

Donc, la notion de gratuité, c’est vraiment une fausse ou mauvaise compréhension de ce qu’est la vie et de ce que représente la marche chrétienne aussi.

Les choses ont une valeur et le travail mérite salaire. Et honorer les gens qui travaillent et qui mettent leur expertise à disposition d’autres est une valeur chrétienne importante. Il faut changer notre mentalité à ce niveau-là.

En France, c’est plus compliqué. Dans les pays anglophones, c’est beaucoup plus évident. C’est vrai en France y a du travail, mais il ne faut pas désespérer.

Quand il y a une vérité, il vaut mieux qu’elle passe. Donc, quelqu’un de qualifié, avec une expertise, par exemple une diététicienne qui aura un cabinet pour aider les personnes avec leur alimentation, etc. Ce n’est pas parce qu’elle est chrétienne que quand un chrétien vient, elle ne doit pas faire payer la consultation. Absolument pas quand on vient consulter un médecin, et bien on paie la consultation.

D’ailleurs, c’est un des problèmes de la société française de pas réaliser le cours des choses où on habite aux États-Unis. Et la santé a un coût aux Etats-Unis. Et je pense que ça, c’est une bonne chose, une bonne et un bon angle d’y réfléchir. Quand on va chez le médecin, ça ne coûte pas un euro. Il y a un coup derrière les études du médecin, il y a un coût derrière les dix ans que cette personne aura passé à étudier et avoir une expertise derrière qui a une valeur.

Et quelqu’un paye pour cette consultation. C’est soit l’État ou quelqu’un d’autre. Il y a bien quelqu’un qui doit financer cela.

Donc, il faut réaliser la valeur des choses. C’est une démarche chrétienne que de faire ça.

En même temps, ça responsabilise les personnes qui bénéficient de ce service ou de ce conseil, etc.

Et Dieu pourvoit d’ailleurs quand on met sa foi en action à ce niveau-là, Dieu pourvoit. On peut vivre de belles expériences.

Quand on se dit qu’on ne s’arrête pas, c’est trop cher. Donc je ne vais pas me faire soigner, je ne vais pas me faire aider. Qu’est ce qui va payer pour moi ?

L’or et l’argent appartiennent à Dieu. Un mot de Dieu et Dieu pourvoit, etc. Donc mettre sa foi à l’épreuve. Quand on se retrouve devant un défi au niveau de l’argent. Ça nous permet de grandir aussi dans notre marche avec Christ.

J’ai vu que tu as organisé une retraite avec des femmes, je ne sais pas si c’est terminé ?

Oui, « une histoire de femme« , ça s’appelle. La première est passée, c’est un Week-end en VIP avec moi.

Je ne prends que dix femmes pour faire un Week-end de façon intensive avec un petit groupe, tout petit groupe avec moi, donc, du vendredi soir au dimanche midi et sur la thématique de la sexualité.

 J’ai terminé le premier week-end, il y a quelques semaines, c’était dans le sud de la France.

La demande est tellement haute que je vais refaire un autre à l’automne cette année.

Peut-être que j’en ferai deux par an à l’idée de pouvoir ouvrir de l’aide à un peu plus de femmes.

J’ai beaucoup, beaucoup de demandes. Surtout maintenant, que le livre est sorti. Les émissions qu’on trouve sur Internet avec Éric et moi, j’ai beaucoup, beaucoup de demandes.

Je sais que je pourrais aider les femmes qui m’écrivent, mais matériellement, je n’ai pas le temps et je ne veux pas sortir de mon appel et en faire plus que ce que Dieu me demande. Pour ne pas risquer le burn-out. Donc, ça a été une façon de répondre à cette très haute demande que de démarrer ce Week end, histoire de femme.

Le premier s’est terminé avec dix femmes qui venaient d’un peu partout en France. Ça s’est très bien passé. Je vais ouvrir le second pour l’automne cette année.

Au vu de la demande, pourquoi ne pas faire un appel à des personnes qui seraient intéressées à exercer dans ce cadre ?

Ah oui, il y a plus de besoins que ce que je peux gérer. Il y a de la place pour que les gens se forment à la thérapie. Pour ensuite, se spécialiser sur la sexualité, bien sûr.

Bien sûr, il y a besoin de gens formés, équilibrés et qui soient prêts à aider les femmes à ce niveau-là.

D’ailleurs, avec Éric, on va démarrer l’année prochaine une formation au niveau universitaire sur la relation d’aide.

Merci Rachel

J’espère que ces échanges vous ont fait du bien, vous pouvez évidemment le partager et aussi me donner des idées de portraits ou d’autres problématiques que vous souhaiteriez voir abordé.

A bientôt !

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Chaziliyou
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