TU FAIS QUOI DANS LA VIE ?

Il y a une notion de sens derrière chacun de nos choix. Le sens que tu donnes à ta vie, le sens que tu donnes à ton travail, le sens que tu donnes à tes actions...

Qu’as-tu ressenti la dernière fois que quelqu’un t’a posé cette question ?

De la légèreté à lui répondre ou plutôt une certaine appréhension ? Comme si tu devais te justifier.

Ce qui est intéressant c’est ce que « tu te racontes » dans la seconde qui suit.

C’est mon histoire

Il y a une période de ma vie où cette question si banale me faisait redouter de nouvelles rencontres.

Je n’avais pas encore le droit de travailler en France et donc cette question me renvoyait à mon « inutilité » dans mon pays d’accueil. Ma confiance en moi descendait aussi rapidement que le fait de dévaler une piste de ski quand on chausse les skis pour la 1ère fois et qu’on a conscience des dégâts que pourraient causer une chute (j’en parle en connaissance de cause). Je vous laisse imaginer ces secondes interminables de descente.

Mon manque de confiance venait, à l’époque, de ma situation administrative, mais je suis certaine que ce sentiment « d’inutilité » ou de honte, peut être vécu par une personne au chômage ou qui n’assume pas une situation subie.

Mais il fut un jour où …

J’ai réussi à avoir, ce qui était pour moi à l’époque, un poste respecté et respectable. (ce n’était peut-être qu’une transposition de la mauvaise estime que j’avais de moi en tant que immigrée).

Je pouvais enfin donner mon point de vue et « être considérée » par mon interlocuteur. C’est ce que je me suis dis quand j’ai reçu mon autorisation de travail.

J’avais le droit moi aussi de prononcer cette phrase culte : « voyons, ce sont mes impôts qui paient… ».

Je ne savais ni quoi, ni qui d’ailleurs…mais c’était un plaisir de montrer ma contribution à la collectivité.

Rien n’est si simple pourtant !

Oui, je suis noire, immigrée et femme (je le dis bien dans le bon ordre). En fonction de mon interlocuteur, cette question vérifiait mon intégration dans mon pays d’accueil, mon intégrité (bah oui, c’est connu, les étrangers abusent des droits sociaux) et ma précarité sociale.

Pour illustrer la chose, je vous raconte une anecdote parmi tant d’autres. Parce que je ne pouvais pas honorer un rendez-vous imposé, un fonctionnaire (dont je tairais la fonction) m’a répondu en ces termes : « ce n’est quand même pas le ménage qui va vous empêcher de venir au rendez-vous ». (Bah oui, pour lui, j’étais forcément femme de ménage. Noire, immigrée et femme, donc forcément, boulot précaire et à temps partiel).

à cette époque, je commençais à prendre confiance en moi, j’avais un travail et pas n’importe quel travail, je travaillais dans un bureau (eh oui). J’étais donc fière de lui répondre ceci : «vous vous trompez monsieur, je suis assistante administrative». Je ne sais pas si je l’ai impressionnée mais j’étais fière de le corriger (faut pas abuser non plus).

Le travail m’a permis, à moi, immigrée noire et femme de gagner le respect.

Je tiens par là à signifier l’importance du sens que nous mettons derrière chacun de nos choix. Le sens que nous donnons à notre vie, le sens que nous donnons à notre travail, le sens que nous donnons à nos actions…

Tant que j’étais dans  « le prouver » que je suis capable, que j’avais besoin d’être respectée, que je devais boucler mes fins du mois… Mon objectif se résumait à avoir un CDI.

Il y a une part de vrai dans la pyramide de Maslow (c’est un autre débat). Pour moi cela s’est résumé en trois (3) étapes : besoin de Sécurité, besoin de Reconnaissance et besoin d’Accomplissement.

Et c’est OK,

C’est mon histoire, et peut être qu’elle fait écho à ce que tu es entrain de traverser ou voir pas du tout.

Mais si tu as le sentiment d’être arrivé à un « cédez le passage » (j’avais envie de dire ça). Un entre deux où tu ne sais pas si tu es assez sécurisé pour continuer ou s’il faut marquer le stop, prend du recul et pose toi les bonnes questions.

Ne succombe pas trop rapidement à l’injonction du  » job qui a du sens » et de courir après ce qui fait sens pour quelqu’un d’autre. Tu risques d’y sacrifier ton équilibre. « il y a un temps pour tout » disait ecclésiaste

J’avais besoin de travailler pour me sécuriser financièrement, payer mes factures et devenir quelqu’un de « respectable » (selon l’image de l’immigré véhiculée dans la société)

Ensuite, j’ai dû lâcher un salaire intéressant pour trouver un job moins bien payé mais proche de chez moi. Je venais d’entrer dans la catégorie de femme seule avec enfants.

Il y a 1 an, j’ai décidé de quitter un travail stable et confortable pour une cause que j’ai toujours voulu défendre. Cela a été possible parce que j’avais le soutien de mon mari.

Tout ça pour te dire que si tu te trouves dans cette situation de manque de sens, fais le point. Pose toi la question de ce qui est important pour toi aujourd’hui.

Ce qui fait sens pour toi et tes proches. Ce qui est important pour ton équilibre. Et peut être que tu as juste besoin de réajuster de petites choses ou d’avoir de la visibilité à court, moyen ou long terme…

En apprenant à écouter tes besoins, tu sauras ce qui est important dans cette saison de ta vie. Tu pourras alors poser des actions alignées avec du sens pour toi.

Tu verras que tes décisions seront tout simplement justes à ce moment T de ta vie.

Je ne pourrai pas terminer sans parler du travail.

Le travail peut être le théâtre de la toute-puissance, du pouvoir, de l’assujettissement de l’autre. On peut assister à des formes d’aliénation, de souffrances, de mal-être, d’esclavage (cela existe encore de nos jours), d’avilissement, d’humiliation, de trahison, de rejet, d’exploitation, de discrimination, de violences…

Le travail peut également revêtir un caractère plus positif et essentiel pour l’être. En facilitant la sociabilisation, en permettant de vivre ce sentiment d’appartenance cher à l’être humain, à gouter à la reconnaissance et ainsi faire remonter l’estime de soi, à s’accomplir, à se dépasser, à s’affirmer, la possibilité de prendre l’ascenseur sociale, à se réaliser…

Et nous sommes si nombreux à vouloir expérimenter cette liberté.

Le travail peut être un moyen à notre disposition pour transformer notre réalité mais aussi celle des autres.

J’admire les personnes qui ont pu grâce à leur métier, contribuer à la société, soutenir des causes et actions sociétales.

D’autres ont utilisé le travail pour défier des règles qui avilissent l’être humain et aussi pour être indépendant…

Mais vivre son métier vocation ne protège pas forcément du manque de sens d’où l’importance de très souvent se questionner sur la finalité de ses actions pour ainsi garder le cap.

Je me retrouve à nouveau confronté à cette question depuis ma reconversion : « tu fais quoi dans la vie ? »

J’ai choisi d’accompagner les individus à mettre du sens dans leur vie personnelle et dans leur parcours professionnel.

Mais je ne fais pas que ça. En choisissant l’entrepreunarit, je ne m’attendais pas à être autant bouleversée. Je suis sans cesse confrontée à mes limites, à mes zones d’ombres…à moi.

Ma réponse laisse parfois dubitative mon interlocuteur ou provoque de l’incompréhension. La situation aussi inconfortable soit elle me pousse à grandir, à sortir de ma zone de confort, à me réajuster en permanence. Et c’est OK.

Ma mission demande de la flexibilité, du sur-mesure, j’accompagne la personne dans un cheminement holistique, je peux à la fois avoir une posture de coach, de « passeuse », de conseillère, de mentor…Je suis ce que la personne a besoin que je sois à ce moment T de sa vie.

Et même si je suis encore quelque peu encore déstabilisée quand on me demande ce que je fais dans la vie, je respire et j’essaye de trouver des mots assez simple pour expliquer mon travail.

L‘entrepreneuriat c’est également aller à la rencontre de soi. Et j’apprécie ce voyage.

OUF !

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J’ai choisi 3 piliers pour vous permettre de mesurer votre confiance en vous, de faire un point sur vos valeurs et de découvrir les besoins cachés derrière vos émotions. Incarnez qui vous êtes et contribuez au monde en étant à la bonne place.

Chaziliyou
Chaziliyou

Alignement et Impact, deux mots pour résumer mon travail auprès de ceux et celles qui veulent remettre du sens dans leur vie privée et/ou professionnelle !

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